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Sous-marin russe, peinture, 22 mètres
Dépôt de l'artiste en 2011
Né en 1957 à Dniepropetrovsk, en Russie, Alexander Ponomarev vit et travaille à Moscou.
Après le Grand Canal à Venise, Alexander Ponomarev a choisi de placer dans les eaux de l’île de Vassivière son œuvre la plus emblématique, le sous-marin SubTiziano. Le processus de voyage à la base de cette réalisation n’est pas stoppé mais il trouve à Vassivière un lieu d’ancrage.
Alexander Ponomarev s’empare d’un objet militaire, dangereux et furtif, devenu l’une des armes les plus secrètes et les plus terribles de notre époque dont les périscopes, radars et antennes n’ont plus une utilité d’espionnage, mais se mettant en mouvement, créent davantage un côté joyeux et festif. L’artiste reprend l’invention de Leonardo da Vinci – un hommage à cette figure de la Renaissance à la fois artiste, scientifique et écrivain - la dépouillant de sa caractéristique principale : le secret et l’invisibilité.
En le bariolant de couleurs criardes et en le nommant SubTiziano, Ponomarev s’adresse à un autre artiste, cette fois du XVIème siècle, qui le fascine : Tiziano.
Alexander Ponomarev, diplômé du Collège d'ingénierie nautique d’U.R.S.S. en 1979, travaille plusieurs années pour la marine russe avant de se consacrer entièrement à la création. Ses œuvres ont notamment été présentées à la Biennale de Moscou, à la Biennale de Venise et font de lui l’un des artistes majeurs de la scène contemporaine russe.
Émergeant des eaux du lac de Vassivière, le sous-marin SubTiziano apparaît en premier lieu au visiteur comme une apparition, un mirage. Mais sa présence perturbante est bien réelle, il semble surveiller et protéger un territoire qui, depuis plus de vingt ans, est dédié aux artistes. Situé entre terre et lac, il patrouille dans une zone d’activités artistiques dont il devient un des signaux, preuve que la création contemporaine peut se manifester partout et étendre son territoire, apparaissant dans les endroits les plus incongrus et inattendus afin d’affirmer la force de l’art.
Crédits photographqiues : Vladimir Sichov
Béton, 1 m x 1 m x 50 cm
Commande du Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière en 2010
Né en 1980, Etienne Chambaud vit et travaille à Paris, France.
Dans la prairie, juste en face du Centre d’art, Etienne Chambaud a choisi d’enfouir partiellement dans le sol un corps mort en béton. Pour son exposition à Vassivière, un câble d'acier était attaché à ce corps mort et remontait à l'oblique jusqu'au sommet du phare, y entrait par une fenêtre, redescendait verticalement à l'intérieur - duquel pendait un mobile en acier, Modèle pour l'Hospitalité i.e. l'Exclusion.
Désormais, dans la collection du bois de sculptures, ce corps mort, devenu un objet énigmatique laissé par l’artiste, fonctionne comme un palimpseste qui garde la trace d'un travail antérieur. Cette œuvre s’inscrit dans la réflexion que l’artiste mène sur la nature de l'œuvre d'art, sur les relations qu'elle entretient avec d'autres œuvres, sur les contextes et raisons de l'apparition des objets, sur la manière dont on les utilise et les charge de sens ou d'un récit particulier.
Pour Etienne Chambaud, Modèle pour l'Hospitalité i.e. l'Exclusion devient un vestige, un objet « rédimé » de sa fonctionnalité qui aujourd’hui marque la séparation entre l'architecture et le paysage.
Crédits photographiques : Aurélien Mole
Arbres, magnétophones, amplificateurs, haut-parleurs, bandes magnétiques
Nico Vascellari vit et travaille à Vittorio Veneto, Italie où il est né en 1976.
Dans le cadre du projet ARTools, Marcello Smarelli a invité Nico Vascellari à concevoir une intervention pour le bois de sculptures de l’île de Vassivière.
Dans la forêt qui entoure l’île, Nico Vascellari a trouvé un environnement particulièrement adéquat à l’expression de sa démarche.
Le travail qu’il présente se compose d’un dispositif lié sur un plan conceptuel à l’idée de mémoire, d’archivage, de transformation et de métamorphose de données sédimentées.
Deux magnétophones reproduisent une longue boucle sonore amplifiée, constituée par une seule bande magnétique de 100 mètres obtenue en mettant bout à bout une sélection de tous les albums qui ont sur leurs couvertures des forêts et qui font partie de la collection de l’artiste. La bande se déroule à travers les arbres de la forêt qui entoure le Centre d’art, tendue le long des écorces, un des magnétophones est dans la position d’enregistrement et l’autre, dans la position d’écoute.
Le mécanisme a été pensé afin de ne jamais effacer complètement la trace sonore et pour que la bande continue à enregistrer ce qui se passe autour, dans la nature, en superposant les sons capturés dans la forêt de Vassivière sur l’enregistrement sonore d’origine. Au fil du temps, la trace initiale sera perdue, mais cette disparition adviendra suite à la sédimentation d’autres sons, obtenus par strates de mémoire successives comme si la bande avait vécu une transformation géologique.
La boucle sonore reproduite sera toujours différente et dans le temps les traces audio des cassettes laisseront place à une nouvelle composition spontanée et fortuite.
400m2
Commande publique du Ministère de la culture et de la communication et de la Région Limousin en 2009
Née en 1967 à Séoul en Corée du sud , Koo Jeong-A vit et travaille partout.
OTRO est une œuvre d’art skateable audacieuse, composées de différents bowls, d’un cradle et de trois tunnels. Koo Jeong-A invite débutants et confirmés à faire l’expérience physique et sensorielle de son œuvre en skatant le paysage.
Lors de sa venue en 2007 pour son exposition Oussseux, Koo Jeong-A avait été marquée par les paysages hivernaux mystérieux de l’île et de l’atmosphère qui s’en dégage : Vassivière était devenu Oussseux, un paysage irréel, fantasmagorique et fortement onirique appartenant au monde imaginaire de l’artiste.
Avec OTRO, Koo Jeong-A expérimente la fragile visibilité de l’œuvre, son apparence discrète qui met à l’épreuve notre perception, qui l’oblige à découvrir avec patience l’essence même de l’œuvre.
Le concept de OTRO, sa forme ovoïde, l’utilisation de béton vert phosphorescent, sa lente découverte, son intégration dans la prairie de l’île font de cette œuvre un champ d’expérimentation infini, qui réfléchit au moindre détail tels que la lumière, le rapport au site, les atmosphères, le rêve et le fantastique. OTRO est une œuvre faite de bosses – le cradle – et de creux – les bowls et des tunnels. Cette œuvre de Koo Jeong-A renvoie à la définition même de la sculpture et de la représentation : creux et bosses, jeux d’ombres et de lumières, reliefs doux ou accentués.
Il s’agit d’une œuvre d’art à vivre, à expérimenter, non seulement d’un point de vue sportif mais également d’un point de vue sensible, sensoriel, artistique. Faire le lien entre l’aspect urbain, praticable, sportif et ludique de l’œuvre en tant que skatepark et l’œuvre d’un point de vue artistique en tant qu’élément du monde de Koo Jeong-A.
OTRO qui, à l’heure actuelle, est à l’état de projet, sera réalisé en 2011 par L'Escaut Architecture (Bruxelles) en collaboration avec les associations Brusk (Bruxelles) et Barricade (Poitiers).
Crédits photographiques : Koo Jeong-A, L'Escaut Architecture
Arbre, plaque de marbre de 90 x 200 x 10 cm, 450 kg
Commande du Centre d’art (propriété du Ciap) en 2009
Né en 1975 à Seattle aux Etats-Unis, Oscar Tuazon vit et travaille à Paris en France.
Dans le bois de sculptures de l’île de Vassivière, Oscar Tuazon met en confrontation l’élément végétal à celui minéral : un chêne et une plaque de marbre s’affrontent dans une tension dictée par la gravité et la puissance même des éléments. L’opposition entre le marbre, qui traditionnellement renvoie à la statuaire commémorative et à l’art funéraire et l’arbre, signe de vitalité et de force, souligne la capacité des plantes à s’adapter à leurs milieux pour ne pas s’éteindre.
L'œuvre - à laquelle l'artiste a donné le nom de Niki Quester en hommage à une personne de son enfance qui l’avait initié à soigner l’attention, le détail - devient une expérience du regard qui ne peut trouver un aboutissement que par la marche et l’observation attentive du visiteur à son environnement.
Crédits photographiques : François Doury
Balles de tennis uniques, dimensions variables
Dépôt de l'artiste (propriété de l'artiste) en 2009
Né en 1951 à Bucarest en Roumanie, Serge Spitzer vit et travaille à New York aux Etats-Unis.
Protagoniste de la révolution artistique de la fin des années soixante, il commence à développer une production de concepts fondés sur des modèles de la réalité. Le jeu de tensions entre visibilité et invisibilité, ordre et chaos, poids et flottement fragile, statique et mouvement est un thème récurrent dans l’œuvre de Spitzer et fait référence à de multiples fonctionnements sociaux et politique. Il allie des conventions artistiques avec des systèmes biologiques, technologiques ou sociaux pour questionner les processus de communication, de perception et de l'éveil de la conscience.
Ses œuvres montrées dans les institutions et les manifestations les plus prestigieux sont liées a leur site comme Re/Cycle (Don’t Hold Your Breathe) à la Biennale de Venise ou Re/Search (Alchemy and/or Question Marks with Swiss Air) au Kunstmuseum à Bern jusqu'à sa présence à Istanbul avec Molecular (ISTANBUL).
Le projet éphémère, Nature morte (Still life) 2001-2009, sur l’île de Vassivière, composé de dizaines de milliers de balles de tennis uniques sur une parcelle de plusieurs hectares n'est pas une simple composition d’objets statiques comme peut ironiquement le suggérer son titre. Fasciné par les multiplicités des paysages typiques, Serge Spitzer a choisi que le cycle de création de cette très énigmatique installation s’achève dans le bois de sculptures de l’île de Vassivière sur les hauteurs du deleuzien Plateau de Millevaches après avoir voyagé dans l'« American BACKYARD », l'arrière court américaine des jardins de l’Aldrich Museum of Contemporary Art à Ridgefiel en 2008 et aux « Swiss ALPS », les alpes suisses de Zuoz en 2009.
L’œuvre est une démonstration d'un imperceptible "modèle de réalité", qui se propage tel un virus et se présente comme une métaphore physique de la manière dont l’art interagit avec la réalité quotidienne. Comme dans de nombreuses « sculptures virales » conçues à partir des années quatre-vingt-dix de Serge Spitzer, la structure éphémère que l'artiste a mise en place dans la prairie de l’île, est transformée au fil du temps par des forces incontrôlées et accidentelles : les balles seront balayées par les vents, orages et pluies, ou poussées et déplacées par des visiteurs ; les enfants seront tentés de jouer ou d’en prendre une de temps en temps, l'herbe va croître, lentement, recouvrant l'original.
Serge Spitzer s’est engagé dans la conception et le processus de fabrication de cette œuvre pour rendre le caractère unique de chaque balle et dans le même temps éphémère et sans accorder d'importance à préserver l'œuvre. Chaque balle utilisée a donc été imprimée à l’image d’un minuscule détail d’une parcelle de pelouse photographiée par l’artiste et dont l’agrandissement a permis d’arriver à ce vert pixélisé, mimétisme presque parfait des lieux où elles ont été jusqu’à présents implantées.
Bien que d’une exécution formelle très minimaliste, le projet de Serge Spitzer est entièrement construit autour de l’imperfection de la réalité avec résonances sociales et politiques. Son œuvre prend possession de l’environnement avec des objets qui impliquent à la fois les notions de loisir, de jeu et dans le même temps d’occupation militaire.
Dans la lignée de ces artistes qui ont utilisé les paysages comme vecteur de contemplation, Nature morte (Still life) 2001-2009 devient un champ pour penser.
Crédits photographiques : Jean-Baptiste Decavèle
Mercedes Benz, lampadaire, câble élastique, métal 200 x 450 x 500 cm
Dépôt de My Private Milan (propriété de My Private Milan) en 2009
Né en 1979 à Vilsbiburg en Allemagne, Michael Sailstorfer vit et travaille à Berlin en Allemagne.
Transformations, ajustements contextuels, appropriation spatiale, le travail de Michael Sailstorfer s’identifie rapidement par son intérêt pour les objets quotidens, les matériaux qui nous entoure, sa fascination pour l'identité et l'histoire spécifique de ces objets et leur propre destinée. Il s'attaque à ces choses, les brisant, les dissociant, les déformant, les adaptant pour les réunir à nouveau, les déplaçant, les réinterprétant et les requalifiant. Une telle déformation de la signification de l'objet et parallèlement l’utilisation de ses qualités formelles ne produit pas sa destruction ; le but est plutôt de le reconfigurer et changer son sens. Deux oeuvres de l'artiste allemand sont présentées dans le bois de sculptures de l'île de Vassivière. Placées dans des parties trés différentes de l'île - pleine forêt, bord du lac, prairie - ces oeuvres soulignent l'artificialité de l'île de Vassivière et sa vocation artistique.
Ce qui rend le travail de Sailstorfer si extraordinaire, c'est l'ardent désir de sa réalisation ainsi que l'humeur mélancolique dans laquelle il est produit et la tragédie consciente de sa destinée. Sternschnuppe (Etoile filante), est l'une des oeuvres les plus importantes de son parcours, par son extrême poésie, la puissance du concept, le sentiment comique de sa réalisation et la note tragique de son aboutissement. L'artiste se présente au départ comme un rêveur, qui ne souhaite plus être soumis à une entité mystérieuse quand il désire voir une étoile filante dans le ciel. C'est un souhait romantique de pouvoir produire un phénomène naturel chargé d’émotions.
Que ce soit véridique ou pas, l’artiste avoue avoir fait cette oeuvre pour sa fiancée, pour qui il aurait voulu lancer des étoiles filantes. La Mercedes W123 équipée d'une catapulte pour réverbères et placée face au bâtiment du Centre international d'art et du paysage, accueille avec humour le visiteur, signalant l'entrée dans un territoire artistique, un lieu de curiosités et de fantaisie.
Marne en vrac non séchée, 324 m
Commande publique du Ministère de la culture et de la communication pour le Centre national des arts plastiques - Cnap (propriété du Cnap/Fnac) en 2009
Né en 1923 à Budapest en Hongrie, Yona Friedman vit et travaille à Paris en France.
Pour Vassivière, Yona Friedman a créé, dans le cadre de son exposition Etc. Balkis Island avec Jean-Baptiste Decavèle présentée du 5 juillet au 1er novembre 2009, La Licorne de Vassivière ("Licorne Eiffel"), une sculpture éphémère qui occupe l’espace entier devant le Centre international d’art et du paysage, tracée à terre avec une substance minérale, le carbonate, et visible dans sa totalité du sommet du phare de Aldo Rossi qui domine l’île. La silhouette du chien Balkis qui joue à distance de la Licorne a été réalisée en faisant pousser des graines de Sarrasin.
La Licorne de Vassivière ("Licorne Eiffel") représente une paisible licorne anthropomorphe, aux allures féminines qui semblent tenir dans la main droite le Centre d’art. La référence à la civilisation Incas est explicite tant son imaginaire est véhiculée à travers la figuration zoomorphe et anthropomorphe entourée par un labyrinthe de formes géométriques, comme on peut encore le voir dans le Sud du Pérou sur les hauts plateaux de Nazca.
Crédits photographiques : Jean-Baptiste Decavèle, Yona Friedman, Les voyages extraordinaires (le voyage à la licorne spatiale), 2009
Dessin tracé au sol avec du sarrasin, 36 m
Commande du Centre d'art (propriété de l'architecte) en 2009
Né en 1923 à Budapest en Hongrie, Yona Friedman vit et travaille à Paris, France.
Pour l’île de Vassivière, Yona Friedman a créé aux côtés de la minérale Licorne de Vassivière ("Licorne Eiffel"), une autre sculpture terrestre, celui ici végétale, qui occupe la prairie derrière le Centre d'art. C’est Balkis. Hommage à son inséparable chienne, disparue aujourd’hui mais porteuse d’un unique et exceptionnel souffle pédagogique, protagoniste des plusieurs manuels et ouvrages théoriques (Vous avez un chien. C'est lui qui vous a choisi, L’ordre compliqué et autres fragments).
Ces deux silhouettes animales, bestiaire visible du ciel comme de terre, transfigurent les prairies de Vassivière de par leur présence monumentale et mystérieuse.
Balkis, apparaît schemathiquement dessinée en sarrasin, jouant à distance avec La Licorne de Vassivière ("Licorne Eiffel").
De ce dessin en sarrasin, le visiteur retrouve le trait si caractéristique des bandes dessinées que Yona Friedman créées depuis plus de 40 ans pour expliquer ses modèles sociaux, urbanistiques et architecturaux.
Le sarrasin, surnommé « plante des 100 jours », a été choisi de par la nature de sa culture qui s'étend sur trois mois de juin à la fin du mois d'août – la sculpture est née pour l’exposition Etc. Balkis Island qui s'est déroulée au Centre d'art durant l'été 2009 -. Autrefois très cultivé dans les régions à sols pauvres et acides, en Europe centrale, en Russie, en Amérique du Nord ainsi qu'en France (Bretagne, Normandie, Limousin, Auvergne, Pyrénées...), le sarrasin est aujourd'hui une plante dont la culture est en voie de disparition en France.
Crédits photographiques : Frédéric Legros